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Le momentum

Si on prend le temps de se pencher sur sa vie, on se rend compte que certains moments très particuliers restent, soit parce qu’ils sont teintés d’émotions fortes soit parce qu’en fait ils sont clairement des instants où tout peut basculer à gauche ou à droite.

Si l’on réfléchit dans des domaines spécifiques comme le sport, la cuisine, la médecine, la recherche d’un emploi, il existe des moments décisifs, des instants spéciaux où ce que l’on va faire ou ne pas faire va influer directement sur le résultat.
Si l’on fait l’effort de se rappeler de ses mauvais choix, reviennent comme des boomerangs les circonstances qui ont accompagné ces décisions et l’on doit bien admettre combien nos raisonnements strictement humains sont tellement trop petits, tellement liés à l’instant présent, à l’assouvissement de nos désirs ou de nos besoins immédiats.

J’aime assez l’idée que le Seigneur nous conduit inévitablement devant ces « momentum », ces moments où tout bascule, où tout vacille, ces moments où son amour est tellement palpable… qu’il nous laisse l’entière liberté d’y répondre ou pas.

Exode.9.34 « Pharaon, voyant que la pluie, la grêle et les tonnerres avaient cessé, continua de pécher, et il endurcit son cœur, lui et ses serviteurs. Le cœur de Pharaon s’endurcit, et il ne laissa point aller les enfants d’Israël, selon ce que l’Eternel avait dit par l’intermédiaire de Moïse. »

Pharaon a toujours le choix ; il est devant 10 fléaux successifs y compris la perte des premiers nés dont son propre fils… C’est un momentum : le Seigneur revient et revient encore ; le cœur de Pharaon s’endurcit encore et encore, mû par un orgueil indescriptible. Toutefois, le vrai momentum, c’est celui où il se retrouve devant sa dernière chance. Il le sait, il le sent… et pourtant il va quand même poursuivre le peuple jusqu’à la mer.

À cet instant, tout se joue : le basculement entre l’amour du Père et sa justice irrémédiable.

Ne jouons pas avec l’amour absolu de notre Dieu. Nous ne sommes pas son pote, nous ne sommes pas face à quelqu’un avec qui on négocie d’égal à égal. Nous n’avons rien à revendiquer, nous avons tout reçu. Mais ce cadeau, cette grâce n’est pas un jouet qu’on prend et qu’on jette, ce n’est pas un truc sympa. C’est l’enjeu de nos vies.

Mat.19.20-22 « Le jeune homme lui dit : J’ai observé toutes ces choses ; que me manque-t-il encore ? Jésus lui dit : Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. Après avoir entendu ces paroles, le jeune homme s’en alla tout triste ; car il avait de grands biens. »

Certainement, pouvons-nous lire cet épisode comme une lecture sur l’importance de notre attachement aux biens matériels.

On peut aussi le lire comme ce moment où tout peut basculer dans sa vie. Le jeune homme riche a le choix. Il entraperçoit les conséquences de ce choix. Et il prend une décision personnelle qui l’engage sur une voie dangereuse. C’est à ce moment le saut dans le vide, il s’en rend compte, il en est triste mais il n’accepte pas la proposition. Il n’arrive pas à renoncer.

Soyons avant tout autre chose reconnaissants au Seigneur de nous témoigner tant d’amour qu’il nous laisse le choix.

Nous acceptons plus ou moins facilement les contraintes liées au travail, au respect des lois, au code de la route, aux horaires. Nous trouvons normal de décider de prier… ou pas, de venir à une réunion… ou pas, d’aimer louer le Seigneur… ou pas, mais nous serons aussi confrontés à des choix irrémédiables, irréversibles. Si Dieu l’a voulu comme ça, ce moment-là ne se reproduira pas. On ne sait pas ce que le jeune homme riche va devenir dans la suite de sa vie mais ce qui est sûr c’est qu’il s’est lui-même fermé les portes à toute une série de bénédictions.

Actes.26.13-17 « Vers le milieu du jour, ô roi, je vis en chemin resplendir autour de moi et de mes compagnons une lumière venant du ciel, et dont l’éclat surpassait celui du soleil. Nous tombâmes tous par terre, et j’entendis une voix qui me disait en langue hébraïque : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Il te serait dur de regimber contre les aiguillons. Je répondis : Qui es-tu, Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes. Mais lève-toi, et tiens-toi sur tes pieds ; car je te suis apparu pour t’établir ministre et témoin des choses que tu as vues et de celles pour lesquelles je t’apparaîtrai. Je t’ai choisi du milieu de ce peuple et du milieu des païens, vers qui je t’envoie,… »

Dieu a laissé Paul mener sa propre barque de chasseur de chrétiens, d’ennemi du Royaume. On peut dire que Saul est dans cette période, perdu. Il est craint ; il regarde la fin tragique d’Étienne, la conscience tranquille. Qu’aurions-nous pensé de lui si nous étions à cette époque de l’autre côté de la barrière ? Nous serions montés aux barricades ? Nous l’aurions combattu ? Nous aurions prié pour mettre fin à ses agissements ? Mais notre Dieu a un plan incroyable, inimaginable à l’échelle de l’homme. Il va faire de cet ennemi, son porte-drapeau, il va se servir de lui pour impacter un nombre incroyable de personnes. Mes amis, avant cette formidable seconde partie de vie, il y a eu ce fameux momentum : cette vision insupportable aux yeux, ce choix que Saul a, cette vie qu’il peut encore refuser. Sans doute que l’on ne s’est même pas posé la question tant nous connaissons la suite de la vie de Paul mais à cet instant, c’est une certitude, il a eu le choix de dire oui… de dire non.

Et toi, et moi ?

Est-ce que maintenant, nous pouvons, dans le secret de nos cœurs, dans la paix de la chambre haute être simplement reconnaissants devant ce Dieu d’amour immuable. Il nous donne le choix, en nous faisant vivre la possibilité de répondre oui à son appel, oui à sa vie en Lui.

Qui serions-nous pour parlementer, pour argumenter ? Nous sommes trop petits, tellement imparfaits, pour revendiquer quoi ? Et pourtant comme Saul, le Seigneur nous attend, le Seigneur t’attend. Le Seigneur nous veut. Le Seigneur te veut. Il te veut à 100 %... sans retenue, sans condition.

Prions les amis pour ce moment merveilleux du choix. Soyons juste reconnaissants de ce que Dieu fait pour nous, pense de nous, veut nous faire vivre…

Dominique Blairon

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