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Le jugement devant le tribunal de Christ

Rm.14.7-12

« En effet, nul de nous ne vit pour lui-même, et nul ne meurt pour lui-même. Car si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Soit donc que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur. Car Christ est mort et il est revenu à la vie, afin de dominer sur les morts et sur les vivants. Mais toi, pourquoi juges-tu ton frère ? Ou toi, pourquoi méprises-tu ton frère ? Puisque nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Dieu. Car il est écrit : Je suis vivant, dit le Seigneur, tout genou fléchira devant moi, et toue langue donnera gloire à Dieu. Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même. »

Il exprime la pensée qu’en tant que chrétiens nous ne devrions pas chercher à nous juger les uns les autres, car christ le fera pour chacun d’entre nous et chacun d’entre nous aura à répondre de lui-même devant christ.
Comme toujours lorsque nous considérons le jugement éternel, il s’agira d’une affaire entièrement personnelle.
Cela est souligné par l’expression que Paul utilise : « chacun de nous ». Ce qui revient à dire « chacun de nous individuellement »

2Co.5.10

« Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu’il aura fait, étant dans son corps. »

Une fois encore, le langage et le contexte montrent clairement que Paul parle uniquement des chrétiens.
Il souligne encore une fois ce fait par l’expression « chacun »
Paul affirme également que chacune des actions accomplies par un chrétien sur terre appartient forcément à l’une de ces catégories, c’est-à-dire le bien ou le mal !!
Il n’y en a pas de 3e, ni de neutralité.
Chaque acte d’un chrétien a une valeur précise qui est soit positive, soit négative.

Chaque action qui n’est pas faite par la foi et dans l’obéissance pour le gloire de Dieu est inacceptable pour Dieu et, de ce fait, mauvaise. C’est sur cette base simple et clairement révélée qu’en tant que chrétiens, chacun de nous doit s’attendre à être jugé.

Dans ces 2 passages, lorsqu’il parle de la place que Christ occupera pour juger les chrétiens, Paul emploie l’expression « Tribunal de Christ ».
Le mot grec traduit ici par « Tribunal de Christ » est « bema ».
Ce terme suggère une plate-forme élevée, utilisée pour s’adresser au public.
Dans d’autres passages du Nouveau Testament elle désigne la place de l’empereur romain pour le jugement, ou l’un de ses députés pour écouter et prononcer le jugement des cas qui lui sont soumis.
Par exemple, dans Ac.25.10, lorsque Paul exerce son droit de citoyen romain pour être jugé par l’empereur, il dit :

« C’est devant le tribunal de César que je comparais, c’est là que je dois être jugé. Je n’ai fait aucun tort aux Juifs, comme tu le sais fort bien »

Le mot que Paul emploie pour le tribunal de César est « bema », le même mot que celui utilisé ailleurs pour désigner la place à laquelle le christ jugera tous les chrétiens.

En vue de la récompense et non de la condamnation

Quelle sera la nature du jugement ainsi exécuté envers les chrétiens par Christ devant son tribunal ?
Tout d’abord, nous devons dire clairement et souligner que le jugement des chrétiens devant le Tribunal de Christ ne sera pas un jugement de condamnation.
Ce fait essentiel selon lequel tout véritable chrétien est débarrassé de toute crainte de condamnation finale est affirmé dans plusieurs passages du Nouveau Testament.

Par exemple, dans Jean.3.18, Jésus dit :
« Celui qui croit en lui n’est point jugé ; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. »

Ici, il existe une distinction nette et tranchée.
Le véritable chrétien n’est pas condamné ; l’inconverti est déjà condamné sur la base de son incrédulité.
Dans Jean.5.24, Christ donne la même assurance à chaque chrétien sincère et authentique :
« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. »

Ici, Christ donne une triple assurance très précise à chaque chrétien qui accepte par la foi sa parole à travers l’Évangile.
Un tel chrétien a :
1) déjà la vie éternelle,
2) il est déjà passé par la mort spirituelle à la vie éternelle,
3) il n’ira jamais en jugement

Dans Rm.8.1 Paul réitère cette assurance de l’absence de condamnation.
« Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ »

Tous ces passages montrent clairement que les véritables chrétiens n’auront jamais à affronter le jugement ayant pour résultat la condamnation finale.
En fait, ils n’auront jamais besoin d’être jugés pour les péchés qu’ils ont commis.
Lorsqu’une personne pècheresse vient à Christ, Il le reçoit comme son sauveur et confesse qu’il est Seigneur, tout l’enregistrement de ses péchés passé est immédiatement et éternellement effacé par Dieu, et il ne s’en souviendra jamais plus.

Par deux fois dans 2 chapitres successifs d’Esaïe, Dieu donne cette promesse à ceux qu’il a rachetés : Dans Es.43.25, il dit :
« C’est moi, moi qui efface tes transgressions pour l’amour de moi, et je ne me souviendrai plus de tes péchés. »

Puis dans Es.44.22, Dieu dit :
« J’efface les transgressions comme un nuage, et tes péchés comme une nuée ; reviens à moi, car je t’ai racheté. »

Remarques : Ap.20.12 (jugement du grand trône blanc)
« Et je vis les morts, les grands et les petits, qui se tenaient devant le trône. Des livres furent ouverts. Et un autre livre fut ouvert, celui qui est le livre de vie. Et les morts furent jugés selon leurs œuvres, d’après ce qui était écrit dans ces livres. »

L’utilisation du mot ‘livre’ dans ce passage est intéressante et éloquente.
En français moderne, le mot ‘livre’ désigne ceci (montrer ma bible)
Cependant, nous devons faire attention à ne pas limiter la signification du mot ‘œuvres’ à des actions externes telles qu’on peut les observer.
Toute la bible dit clairement que Dieu, dans son jugement de l’homme, prend en compte non seulement les actions externes, mais également les pensées les plus secrètes et les plus profondes, les impulsions et les motivations du cœur.
Dans Rm.2.16, Paul parle du ‘… jour où, selon mon Évangile, Dieu jugera par Jésus-Christ les actions secrètes des hommes’

1Co.4.5
« C’est pourquoi ne jugez de rien avant le temps, jusqu’à ce que vienne le Seigneur, qui mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et qui manifestera les desseins des cœurs. Alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui sera due. »

Cette même vérité est en fait contenue dans la révélation que le jugement sera accompli par la parole de Dieu, car il nous est dit dans Heb.4.12-13 :
« Car la parole de Dieu est vivante et efficace, plus tranchante qu’une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu’à partager âme et esprit, jointures et moelles ; elle juge les sentiments et les pensées du cœur.
Nulle créature n’est cachée devant lui, mais tout est nu et découvert aux yeux de celui à qui nous devons rendre compte. »

Nous voyons donc que l’enregistrement par Dieu des œuvres des hommes ne couvre pas seulement leurs actions externes, mais également leurs pensées et leurs intentions, et les impulsions les plus profondes de leur esprit et de leur cœur.
C’est dans ce sens global que le jugement de Dieu sur les hommes sera accompli selon leurs œuvres.
Nous avons comparé ce type de ‘livre’ à une bande magnétique.
La parallèle s’étend non seulement à la façon dont l’enregistrement se fait, mais également à la façon dont il peut être effacé.
Si une erreur est faite sur la bande, elle peut être simplement et complètement effacée en quelques instants en repassant la tête d’effacement sur cette partie de la bande une 2e fois.
On peut même effacer en quelques secondes l’intégralité du contenu d’une bande.
Le résultat, c’est une bande complètement vierge sur laquelle il est possible d’enregistrer un autre message, sans aucune trace restante de celui qui y était auparavant.
Il en est de même pour l’enregistrement céleste de la vie du pécheur.
Lorsqu’un pécheur vient pour la 1re fois à la repentance et à la foi en Christ, Dieu utilise son ‘effaceur’.
Tout l’enregistrement des péchés passés est alors complètement et instantanément effacé, et une bande vierge est alors disponible sur laquelle une nouvelle vie de foi et de justice peut être enregistrée.
Si un jour le chrétien tombe dans le péché, il doit seulement se repentir et confesser son péché, et Dieu efface cette partie de l’enregistrement et ainsi la bande est de nouveau propre.
Cette provision de Dieu pour les péchés commis par les chrétiens après qu’ils eurent connu Christ comme sauveur et décrite dans 1Jn.1.9 :
« Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. »

Et encore 1Jn.2.1-2
« Mes petits enfants, je vous écris ces choses afin que vous ne péchiez point. Et si quelqu’un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. »

Ces passages nous enseignent que pour un chrétien qui pèche, puis se repent et confesse son péché, l’efficacité de la mort expiatoire de Christ est telle que l’enregistrement de son péché est effacé et qu’il est purifié de toute iniquité.
C’est la raison logique pour laquelle le véritable chrétien ne doit pas craindre que le résultat du jugement soit la condamnation.
Le plan de Dieu pour purifier le pécheur et effacer l’enregistrement de ses péchés implique qu’il n’y aura pas d’enregistrement restant de son péché, sur lequel on pourrait se baser pour le condamner.
Si donc, il n’y a pas de possibilité de condamnation finale pour le véritable chrétien, pour quelles raisons les chrétiens seront-ils jugés ?
Le jugement des chrétiens aura pour but la remise de leur récompense.
Le véritable chrétien sera jugé non pas en fonction de sa justice, mais en fonction du service rendu à Christ.
La raison pour laquelle le chrétien ne sera pas jugé en fonction de sa justice est simple et logique ; sa justice n’est plus la sienne mais celle de Christ lui-même, lui est imputée par Dieu sur base de sa foi.

Dans 1Co.1.30, Paul dit que Christ « … a été fait pour nous sagesse et justice et sanctification et rédemption… »

Aucun autre que Christ n’est devenu notre justice par Dieu.
Dans 2Co.5.21 Paul fait de nouveau ressortir cette même vérité.
« Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu. »

Grâce à cet échange, nous sommes devenus en lui (Christ) « justice de Dieu »
Bien évidemment, puisque le chrétien reçoit le salut sur cette base, il serait complètement illogique de la part de Dieu de juger ou même de remettre en question sa propre justice communiquée au chrétien.
Nous concluons donc que le jugement des chrétiens ne concernera pas leur justice, mais leur service envers Christ.
Le but du jugement ne sera pas de décider de leur acquittement ou de leur condamnation, mais plutôt de désigner la récompense due à chaque chrétien pour son service envers Christ sur la terre.

L’épreuve du Feu

Paul décrit le jugement des chrétiens pour la remise des récompenses dans 1Co.3.11-15
« Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ.
Or, si quelqu’un bâtit sur ce fondement avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume, l’œuvre de chacun sera manifestée ;
Car le jour la fera connaître, parce qu’elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu’est l’œuvre de chacun.
Si l’œuvre bâtie par quelqu’un sur le fondement subsiste, il recevra une récompense.
Si l’œuvre de quelqu’un est consumée, il perdra sa récompense : pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu. »

Paul dit clairement que c’est le jugement non pas de chaque âme humaine, mais de chaque œuvre de l’homme.
Même si les œuvres d’un homme sont totalement consumées, son âme est cependant sauvée.
Dans le 1er verset de ce texte, Paul explique pourquoi l’âme d’un tel homme ne risque rien.

« Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ. »

Ce jugement concerne uniquement ceux qui n’ont pas basé leur foi sur leurs propres œuvres ou leur propre justice, mais sur le fondement de Jésus-Christ et de sa justice.
Tant que leur foi demeure solidement ancrée à ce fondement, leur âme est en sécurité pour l’éternité.
Lorsqu’on arrive à l’évaluation des œuvres des chrétiens, on trouve selon Paul 2 catégories
D’un côté L’or, l’argent et les pierres précieuses
De l’autre le bois, le chaume et le foin.
Le critère de séparation des ces 2 catégories se définit par rapport à leur capacité à surmonter l’épreuve du feu.
Les matières de la 1re catégorie (l’or, l’argent, les pierres précieuses) pourront passer par le feu sans se consumer.
Les secondes (le bois, le chaume, le foin) seront consumées par le feu.
Une pensée nous vient immédiatement du contraste de ces 2 catégories : la qualité est beaucoup plus importante que la quantité.
L’or, l’argent et les pierres précieuses sont des choses qui existent en petites quantités, mais qui ont néanmoins une grande valeur.
Le bois, le chaume et le foin sont des choses qui prennent beaucoup de place, qu’on peut obtenir en grande quantité et facilement, mais qui ont relativement peu de valeur.
Quelle est donc la nature du feu par lequel les œuvres des chrétiens seront éprouvées ?
Souvenons-nous que le Christ glorifié sera assis au tribunal et que chacun de nous se tiendra directement devant lui.
Nous le verrons comme Jean l’a vu dans sa vision sur l’île de Patmos.

La partie centrale de la vision de Jean du Christ glorifié est relatée dans Ap.1.14-15
« Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche, comme de la neige ; ses yeux étaient comme une flamme de feu ; ses pieds étaient semblables à de l’airain ardent, comme s’il avait été embrasé dans une fournaise ; et sa voix était comme le bruit de grandes eaux. »

Dans cette vision, les pieds de Christ ressemblent à de l’airain ardent embrasés dans une fournaise et cela symbolise le feu de la rétribution dans lequel il jugera les actes de péché des païens ; tandis que ses yeux comme une flamme de feu symbolisent le regard pénétrant et qui consume, avec lequel il estimera les œuvres de son peuple.
Tandis que chacun se tiendra devant son tribunal, tout ce qui est vil, hypocrite et sans valeur dans les œuvres de son peuple sera instantanément et éternellement consumé dans les rayons brûlants de ses yeux.
Seul ce qui a une valeur véritable et permanente survivra, purifié et épuré par la loi.
Lorsque nous considérons la scène du jugement, chacun doit se demander comment il peut servir Christ dans cette vie afin que ses œuvres passent l’épreuve du feu en ce jour redoutable.
Il y a 3 points que chacun doit examiner en lui :
1) l’intention ;
2) l’obéissance ;
3) la puissance.

Premièrement, nous devons examiner nos intentions.

Est-ce que le but de notre service est notre propre plaisir, notre propre satisfaction et notre propre gloire ou bien cherchons-nous sincèrement à glorifier Christ et à faire sa volonté ?

Deuxièmement, nous devons nous examiner nous-mêmes en ce qui concerne l’obéissance

Cherchons-nous à servir Christ selon les principes et les méthodes révélées dans la parole de Dieu ?

Ou bien fabriquons-nous nos propres formes d’adoration et de service en y attachant le nom de Christ et le titre de religion du Nouveau Testament ?

Troisièmement, nous devons nous examiner nous-mêmes en ce qui concerne la puissance

Dans 1Co.4.20, Paul nous rappelle que « Le royaume de Dieu ne consiste pas en parole mais en puissance »

Cherchons-nous à servir Dieu avec l’insuffisance de notre propre force charnelle ?

Ou bien avons-nous été renouvelés et fortifiés par le Saint Esprit ?...

Aristides BROUZAKIS

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