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Le besoin de persévérance (suite)...

Entre l’incompréhension du temps et le besoin de persévérance

Suite de la pensée de la semaine du 25 février 2019

...Je voulais aussi aborder un autre aspect du temps qui est sa brutalité.

Nous l’avons vécu de manière dramatique : le temps peut être cruel, soudain, irrationnel. À l’inverse, nous avons aussi la chance de vivre des choses uniques : les perles de Dieu, ces instants de grâce que nous recevons gratuitement.

Dieu n’entre pas dans une boîte, personne ne peut placer notre Père dans un canevas ; nous devons nous approprier ce fait : ses plans sont parfaits et insondables. La difficulté pour nous réside dans notre faculté de pouvoir entrer ou rester dans une dimension où on puisse l’écouter.

Dans ce parcours lié au livre de Damien Théry, à l’écoute de Dieu, il m’a semblé utile de mettre en exergue certains paramètres pour bien vivre cet apprentissage.

La première nécessité est… d’être persévérant, encore cette qualité. Sous une autre forme. Celle de pouvoir remettre sans cesse son ouvrage sur le métier. Écouter Dieu c’est un processus, un apprentissage et cela implique de développer notre capacité à accepter qu’on se trompe, et que l’on va apprendre de ces erreurs.

Voilà de manière synthétique quelques conseils pour mieux vivre ces « ratés de communication ».

  • Prendre du recul émotionnel
  • S’entourer de personnes de confiance
  • S’approprier le fait que Dieu va récompenser nos efforts.

Il existe aussi des conditions pour pouvoir être mieux à l’écoute. Ces conditions, de mon point de vue, nous ramènent au début de ce partage.

  • Il faut oser prendre des risques. Écouter Dieu, c’est aussi accepter de quitter sa zone de confort. Dieu nous parle de différentes manières mais il n’est pas là pour nous communiquer ce que nous avons envie ou besoin d’entendre. Qu’est-ce qu’un véritable ami sinon quelqu’un qui peut nous mettre en garde, quelqu’un qui nous dit tu fais fausse route, ou tu es sur une mauvaise pente, quelqu’un qui prend sa voiture et vient de suite vers nous quand tout se déglingue. On a tendance à considérer nos amis comme des personnes avec qui on s’amuse bien, avec qui on ne passe que de bons moments sans se prendre la tête. Qu’attends-tu de ton Dieu quand tu réclames à cor et à cris qu’il te parle ? Qu’il te dorlote ? Qu’il te montre la route ? Vas-tu prendre le risque de le suivre ?
  • Se concentrer, être aux aguets. Nous sommes si souvent pris dans le tourbillon du temps, nous sommes entrainés dans nos multiples activités, envahi par nos petits problèmes et nos grands projets. A contrario, d’autres n’éprouvent pas le besoin d’être persévérant car ils ne veulent pas quitter une forme de routine institutionnelle. Ils n’acceptent pas de déroger à certains plaisirs qui émaillent leurs journées, leurs week-end. Écouter Dieu demande d’être comme un chasseur à l’affût ; c’est Lui qui choisit les moyens ; peut-être est-il en train de parler directement à quelqu’un par les mots qu’il m’a inspirés, peut-être vous interpelle-t-il à travers un verset qu’il a mis en lumière. S’attendre à Lui n’égale pas s’attendre à ce qu’il nous parle au moment où nous, nous serions prêts, cela demande plus que cela. Concentrons-nous bien sur ce qu’il peut nous dire, sans préjuger des moyens qu’il va utiliser pour le faire, encore moins sur le timing. Acceptons l’idée que ses silences sont aussi une parole. C’est sans doute plus difficile à comprendre mais c’est une réalité. Ceci nous amène à un point crucial pour nous occidentaux…. Une condition difficile à exécuter dans notre culture.
  • Soumettre son intelligence à Dieu. C’est un point-clé. Arrêtons de partir du « moi, je »… L’intimité entre Dieu et toi ne regarde que vous. Parfois ces échanges concernent votre couple, votre vie professionnelle, votre vie de prière, les relations avec un frère ; dans ce cas, ils recquièrent de votre part une démarche ; parfois, ils concernent la communauté et il nous faut la partager. Mais parfois, c’est uniquement un échange entre Dieu et vous-même ; c’est très intime, très personnel. Il s’agit de se soumettre à Dieu ; il s’agit de ne pas y mettre son veto, le veto de son propre raisonnement ; est-ce que c’était raisonnable pour Abraham et Sarah de croire qu’ils allaient devenir parents ? Est-ce que c’était raisonnable pour Joseph de croire qu’il allait survivre à ce séjour en prison ? Est-ce que c’était raisonnable de croire que Dieu allait ouvrir la mer ? Et on peut multiplier les exemples de la Bible mais aussi dans notre propre vie.

    Et parfois, on ne comprend rien.

    Et alors ? Est-ce que nous avons besoin de tout comprendre ? Est-ce que nous avons besoin d’avoir une explication rationnelle pour tout ? Est-ce que tu es l’assistant de Dieu ? Posons-nous cette question dans la simplicité et l’humilité : est-ce moi le Sauveur de l’humanité ? Est-ce que dans mes propos, dans mes actes, dans mes pensées, je ne me prends pas pour plus que je ne suis ? Est-ce que je ne suis pas en train de me gonfler d’une importance que je n’ai pas ? Qu’est-ce que Dieu me demande de faire ? La réponse à cette question est la seule qui compte vraiment car cela, c’est ma mission, rien de plus, rien de moins.

  • Accepter l’impossible est la dernière condition. Parfois, des choses ou des mots peuvent nous apparaître comme pure folie. Et pourtant. Qui aurait imaginé que...? Et pourtant, c’est devant notre nez. On ne peut que l’accepter, on ne peut que se soumettre. Même notre tristesse, nous devons la Lui soumettre. Comment vas-tu soutenir ceux qui ont perdu un frère ? Un père ? Un mari ? En parlant de tes propres déboires ? Ou en soumettant ton action, tes mots, tes silences à ce que Dieu attend de toi ? Est-ce que tu va soutenir l’équipe pastorale en lui imposant tous tes petits bobos ? Ou en la laissant panser ses propres plaies, en soumettant ton action, tes silences tes prières à ce que Dieu te demande.

    Laissons Dieu guider nos vies. À qui irions-nous ?
    Où allons-nous atterrir si on essaie par nos propres forces ? C’est dans nos faiblesses dans nos épreuves que Dieu attend de nous notre réponse d’adoration et de foi.

Serrons-nous les coudes.
Ensemble.
Dans la dépendance.
Dans l’écoute.
Dans la simplicité et l’humlité
Dans l’amour.

Dominique Blairon

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