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Drôle de printemps

La négligence : n’ajoute pas un virus au virus

Rassurez-vous, cette méditation ne va pas en remettre une couche. Serait-il nécessaire par les temps qui courent d’ajouter du ténébreux à la sinistrose qui gagne le monde ? Certes, non ! Absolument, non !

Au-delà de la volonté de rester en contact avec chacun d’entre vous, c’est un exercice périlleux que de se lancer dans l’écriture alors que la mort rôde autour de nous.

  • Il faut encourager ! Bien entendu, mais est-ce le bon moment ?
  • Il faut responsabiliser ! Oui, mais qui suis-je pour faire la leçon ?
  • Il faut aimer à tort et à travers ! Oui, ok, mais comment faire passer ce message quand l’autre est tout seul, confiné, malade peut-être ?
  • Il faut édifier ! Oui, certainement, mais c’est pas si simple...

Malgré cette évidence de vous écrire, je me demandais par quel bout commencer. Le Seigneur m’a donné un petit bout de verset dans Matthieu 22. « Ils négligèrent l’invitation ». Et pour le reste, je lui fais confiance pour guider mes mots.

Partons des informations, de la situation, de ce fléau pour commencer à comprendre comment ce morceau de phrase peut raisonner dans nos têtes et dans nos cœurs avec un autre écho.

  • La négligence devant l’apparition du fléau
  • La négligence devant l’ampleur du virus
  • La négligence dans la vitesse de réaction
  • La négligence dans le choix des stratégies
  • La négligence dans l’obéissance aux directives gouvernementales

D’où vient-elle cette négligence ?
Sans doute d’un certain je m’ « enfoutisme » ; combien n’ont pas dit ou pensé : c’est loin la Chine ou encore ils sont dingues ces Chinois construire un hôpital en 10 jours ; ces mêmes Chinois qui sont actuellement en Europe et ne comprennent rien à notre indiscipline chronique et se disent à leur tour : ils sont fous.

Sans doute d’une espèce d’arrogance capitaliste. Cela ne peut pas nous arriver à nous ; les médias exagèrent tout le temps ; et puis, moi je ne vais quand même pas me priver d’aller me baigner ou de faire la fête avec les potes ; c’est cool quand c’est clandestin. Et puis en Italie, c’est de leur faute. Donc,…

Sans doute d’une part d’ignorance.
Sans doute d’une part un peu plus importante d’égoïsme. On ne va se sacrifier ; ça ne touche que les tout vieux de toutes façons…

Tout cela, nous l’avons lu ou vu ou entendu. Personnellement, j’ai écouté ma fille raconter ce qu’elle vit à Paris. C’était affligeant. Vous avez aussi certainement été bousculés, bouleversés par ces témoignages d’infirmières, de médecins italiens qui supplient, supplient et supplient encore.
« Pas encore un n’est sorti vivant de cette pièce ».
« Nous devons réapprendre à vivre autrement ».
Un simple discours de circonstance ? Un instant de lucidité ?

Lu dans la presse :
« Cela fait du bien de sortir à 20h et de saluer ceux qui sont en première ligne, qui risquent leur peau. ». Entièrement d’accord mais avant, les vies n’étaient-elles pas sauvées ? Les services rendus avec la même foi, le même courage ?
« Le bon côté est que j’ai parlé à ma voisine pour la première fois ; cela fait 15 ans que nous habitons côte à côte » Formidable, mais dans quel monde vit-on pour que cela soit simplement possible ?

« Il est mort tout seul parce que son ami qui revenait de son pays natal ne savait pas qu’il était positif » Faut-il parler de fatalité ?

Retour à la case départ, brutalement, le mot négligence.

Je travaille dans un milieu essentiellement athée et j’entends déjà THE commentaire. « Mais tu vois bien que Dieu n’existe pas. Sinon jamais cela n’arriverait. »
Depuis cette succession ininterrompue de décès, d’histoires dures, j’ai juste renversé la question : mais comment vivre cela, comment accepter cela … sans la présence de Dieu dans ta vie, sans la certitude qu’il y ait un « après », sans la foi absolue qu’il reste au contrôle de tout, sans l’espérance que ceux qui quittent cette vie dans la solitude seront accueillis dans la joie de notre Père ? Et je suis tout à coup devenu très compatissant, très humble devant leur mal-être et j’ai demandé au Seigneur : « Fais-toi connaître près d’eux, invite-les à la table du Roi ; je t’en prie… » C’est cela mon cri, ma prière, ma supplication.

Toi, homme libre confiné, n’ajoute pas une négligence de plus à ta vie. La pire de toutes. Ne laisse pas passer l’invitation de Dieu. Car ce refus serait terriblement coûtant. Il aurait des conséquences sur ton Éternité.
Tout le monde sera touché soit par la maladie, soit par ses conséquences économiques ou sociales. Que l’on soit chrétien ou non n’y changera rien. La maladie sera vaincue.

Certainement. Le prix sera lourd, sans aucun doute mais tu ne peux pas penser un instant que tout sera comme avant. Sinon, ils seront morts pour rien.
Ce temps qui nous est en quelque sorte offert, cette période où les agendas sont rangés dans un tiroir, ce temps a et aura un sens. Pour chacun d’entre nous.

Je voudrais partager ceci avec vous.

Plutôt que de se perdre en conjectures, en projections, soyons Lumières pour le monde. Cette invitation du Père à rester dans sa présence, ne la néglige pas. Même si tu traverses un désert, même si tu es seul, même si un proche est atteint, ne néglige pas l’invitation.
Lis, chante, remercie, loue, sois reconnaissant. Appelle quelqu’un, rends service, obéis, sois prudent et blottis toi dans les bras du Père. Il est ton secours et ta forteresse. Il est une lampe à tes pieds. Il est le chemin, la Vérité et la Vie.

Si tu as l’immense chance d’avoir rencontré Dieu, savoure-la, surtout maintenant quand les vents contraires soufflent. Sois reconnaissant car il t’a montré la porte à franchir, le sentier à emprunter. Il te rattrape encore et encore quand tu dérapes, quand tu te trompes de route, quand tu rates un virage, quand tu…négliges une invitation.
Et si ces quelques lignes te touchent, envoie les à une personne qui ne croit pas, à un pote qui ne vit pas cette foi, à un de ta famille qui a besoin de lire cela même s’il va jeter la feuille.

es quelques lignes sont aussi une invitation peut-être pas vraiment bien rédigée mais honnêtement est-ce si grave si ce n’est pas le bon mot ou s’il reste une faute. Ce qui importe, c’est l’invitation. La sienne.

Ne néglige pas de demander au Seigneur à qui l’envoyer. Il te donnera un nom ou un indice ou un visage.

Do it. Please.

À Irma, Espoir et tous ceux et celles qui prennent tous les risques pour toi, pour moi, pour nous tous.

Dominique Blairon

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