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Au bénéfice de la grâce, une seconde fois

Ils se rendirent à Bethsaïda ; on amena un aveugle vers Jésus et on le supplia de le toucher. Il prit l’aveugle par la main et le conduisit à l’extérieur du village ; puis il lui mit de la salive sur les yeux, posa les mains sur lui et lui demanda s’il voyait quelque chose. Il regarda et dit : « J’aperçois les gens, je les vois comme des arbres, et ils marchent. »
Jésus lui mit de nouveau les mains sur les yeux et, quand l’aveugle regarda fixement, il fut guéri et vit tout distinctement. Alors Jésus le renvoya chez lui en disant : « N’entre pas dans le village [et n’en parle à personne]... » Mc.8.22-26

Introduction

Découvrons la richesse surabondante de notre héritage en J-C, à savoir : la vie pleine et totale par et avec l’Esprit qui est en nous.
Nous approfondissons tout ce que le Seigneur a prévu pour nous, et plus encore, nous voulons le revendiquer, nous l’approprier.
À quoi servirait-il d’emmagasiner une énorme matière, sans que cela ne transforme notre vie spirituelle ?
L’affirmation de départ est : « vouloir vivre tout ce que Dieu a prévu pour nous. » Et non pas, connaître ce que Dieu a prévu !

Pour condenser ce qui a été partagé ces dernières semaines, j’utiliserai l’épisode qui nous a été lu de l’évangile de Marc.
Un aveugle qui est amené à Jésus, et qui par deux fois sera touché par la grâce restauratrice du Christ.
Nous allons suivre les trois étapes de cet épisode pour résumer une grande partie de ce qui a été enseigné.

1. L’aveugle

Le premier acte de cette rencontre avec Jésus, c’est l’apparition de cet homme complètement aveugle. On l’amène à Jésus parce que lui-même en aurait été tout à fait incapable. Ses amis supplient même Jésus, à sa place, d’intervenir dans cette maladie.
Cet homme, depuis probablement son enfance, vit dans l’obscurité la plus totale.
Les ténèbres du désespoir et de la mort ont submergé cet homme depuis sa naissance. Par lui-même, il ne peut strictement rien améliorer, changer, ni espérer. Il est perdu !

Sa condition physique est tout à fait semblable à la condition spirituelle de l’homme sans Dieu !
L’homme naturel est complètement incapable de comprendre les choses spirituelles. Il est vraiment aveugle. Et ici, on peut même être certain, le problème date de la naissance !
Cela n’a strictement rien à voir avec les capacités intellectuelles, le Q.I, le niveau d’étude… L’homme qui n’a pas reçu l’Esprit de Dieu a un voile sur ses yeux spirituels. Qu’ils soient bardés de diplômes ou analphabète, son esprit est mort, aveugle… Comme cet aveugle !
Mais l’homme sans Dieu parvient bien à le cacher. Avec ses avis sur tout, et surtout sur Dieu, on a toujours l’impression qu’il a reçu des révélations de quelque part !

Mais ne nous laissons pas tromper. Ce ne sont pas nos yeux, nos oreilles, nos sens,
notre intelligence qui ont reçu les choses spirituelles, mais bien le Saint-Esprit qui nous les a révélées. C’est lui qui sonde les profondeurs de Dieu et qui ensuite nous le révèle.

On peut donc tous s’identifier avec cet aveugle. Nous sommes nés comme lui et certains le sont peut-être encore maintenant. Sauf, si vous avez été visités par le Saint-Esprit et si vous l’avez reçu.
Cet homme a été touché une première fois par la grâce. Il s’agit de notre deuxième étape.

2. L’aveugle partiellement guéri.

Contrairement à ce qui se passait habituellement, Jésus ne le guérit pas sur place, devant la foule. Il le prend à l’écart et lui impose les mains.
Autre particularité dans cette intervention de Jésus, alors que dans tous les autres cas, la guérison était immédiate, ici, notre ami est bien touché par la grâce restauratrice du Christ, mais il ne voit pas encore correctement.
J’ai de la peine à comprendre pourquoi ! Peut-être, Jésus pensait-il à mon message de ce matin, il savait que nous allions vivre une situation nécessitant une double action de sa grâce ! ! !

Bref, quand Jésus lui demande : « est-ce que tu vois ? ». On est un peu surpris par la réponse. Je vois les gens comme des arbres qui marchent. Une forêt mobile. « Le Seigneur des anneaux avant l’heure ! »

Mais ne perdons pas de vue (important dans pareil contexte), que quelque chose s’est passé. L’aveugle voit, pas encore très bien, mais il voit.
Vous vous imaginez après tant d’années d’obscurité… Il voit la lumière, les arbres, les petits oiseaux… Nous parfois, même avec nos bons yeux, on ne les voit plus.
Heureusement que nous avons encore « le jardin extraordinaire » !

Ici encore, des parallèles peuvent être faits avec ce que nous avons appris.
Notre conversion me fait vraiment penser à cette irruption de la grâce dans notre vie.
La lumière est venue. L’Esprit de Dieu est venu éclairer notre intelligence, notre volonté et nos émotions. Nous avons été mis en contact direct avec la divinité.
Avec les nouveaux yeux de la foi qui nous ont été greffés, nous avons pu voir, ressentir et appréhender la personne de Dieu.
La conversion, le fait de devenir chrétien, c’est le plus grand des miracles.
Bien plus grand que de rendre la vue physique à un homme.
Beaucoup de voyants restent des aveugles spirituels.

A la conversion, la plus extraordinaire promesse faite dans la Bible s’est réalisée pour chaque véritable enfant de Dieu.
Nous sommes tous devenus des habitations de Dieu lui-même.

Pas plus certains que d’autres.

L’honneur extrême de devenir le réceptacle de l’Esprit de Dieu a été accordé à tous ses enfants. Tel est notre héritage.
C’est la formidable réalité qui reste actuelle de la Pentecôte : « toute la divinité se tient parmi nous et en nous. »
Le Saint-Esprit n’est pas seulement parmi nous, ce matin. Il est venu vers nous, pour se donner à chacun d’entre nous, pour que nous le respirions profondément, comme
nous respirons l’air ambiant. Il est venu en nous comme le sceau de Dieu sur nos vies, comme un acompte, une garantie… afin que nous en soyons vraiment remplis.

Cette première grande grâce dans notre existence devrait déjà faire toute la différence. Que d’honneur, respect, attention, précaution, sensibilité, obsession, soin, joie, consécration… ne devrions-nous pas manifester au Saint-Esprit.
Et pourtant, nous sommes si souvent comme les 9 lépreux ayant été guéris par Jésus. On ne revient même pas. On ne l’honore même pas. On ne le chérit même pas. On ne soigne même pas notre relation avec lui.
On le traite comme s’il n’était pas là. On lui résiste, on lui désobéit, on l’éteint, on le compromet dans des histoires louches.
Notre problème est à ce niveau peut-être différent de l’aveugle. Lui connaît la maladie oculaire « forestière » et nous nous soufrons de strabisme.
On est louche avec le Saint-Esprit, on est louche par rapport à sa présence dans nos vies.

Et si tout cela s’arrêtait. Si le Saint-Esprit était honoré dans cette Église ? Et si le Saint-Esprit était honoré dans ta vie ? Et s’Il cessait d’être juste un plus, un extra ?
Et s’Il redevenait le maître de nos vies ?
Es-tu prêt à sortir, hors de la ville, avec Jésus et le laisser t’imposer ses mains, et t’imposer son Saint-Esprit ?
Voulons-nous vraiment être touché comme la première fois par la grâce de Dieu ?

C’est en tout cas, vraiment étonnant que cet homme n’ait pas vu correctement dès que Jésus lui a imposé les mains. Il ne voyait que des arbres !
Je me dis que pour nous aussi, notre conversion ne suffit pas.
Nous n’avons pas tout reçu, de manière complète et définitive, le jour de notre régénération. Il nous faut plus que la conversion.
Nous n’avons pas tout su concernant la vie avec Dieu le premier jour.
Nous n’avons pas terminé notre connaissance du Saint-Esprit le jour de notre baptême spirituel. Nous sommes au début d’un long chemin d’intimité, de plénitude, de remplissage.
Et comme cet homme, nous voyons les autres si souvent semblable à des choses, à des objets. Le manque de vie du Saint-Esprit nous empêche de les voir et de les considérer comme ce qu’ils sont réellement : des créatures bien-aimées de Dieu.
Dès lors, on les « chosifie », on les déshumanise, et on les utilise comme de simples objets.
Vous n’avez jamais eu cette impression, même avec des chrétiens ?
Ô ! Combien nous devons être touché une deuxième fois par la grâce de Dieu.
Revenons, ne retournons pas au village pour travailler, en nous disant que nous avons tout le nécessaire pour servir le Seigneur.
Revenons afin d’être touché par lui. Nous avons tellement besoin de plus.
Il a prévu tellement plus pour ses enfants, pour toi. Nous n’avons pas encore tout ce qu’avaient les disciples dans le Nouveau-Testament.

3. L’aveugle complètement guéri.

Cet homme aurait très bien pu accepter sa nouvelle situation. Elle était de toute façon mille fois plus enviable que l’ancienne ! Vivre au beau milieu de la nature toute la journée ! Des gens payent parfois bien cher pour s’offrir ce luxe.

N’acceptons plus de ne voir que des arbres autour de nous. Le véritable christianisme, c’est bien plus que cela.

« L’Église est appelée à vivre au-dessus de ses propres capacités. Elle est appelée à vivre à un niveau si élevé, qu’il est impossible à aucun être humain de vivre de cette façon par ses propres capacités et par ses propres forces. Le plus humble des chrétiens est destiné à vivre un miracle, une vie qui soit moralement, spirituellement si intense et si pure, qu’aucun être humain n’a la capacité de faire cela. Seul Jésus-Christ peut le faire ! Son désir est que le Saint-Esprit du Christ vienne sur son peuple. »
> Tozer

Mes amis, nous sommes appelés à être bien plus que des gardes forestiers !
N’admettons plus la médiocrité ambiante. Nous sommes destinés à vivre beaucoup mieux, beaucoup plus, beaucoup plus haut, grâce à l’Esprit de Dieu en nous.
Ce semi-aveugle, ou ce semi-voyant, comme vous le préféré, lui a voulu plus.
Il a réclamé une nouvelle intervention de la part du Seigneur.
Il l’a eu et il l’a vu et il a vu !

Faut-il nous rappeler que le Saint-Esprit ne nous a pas été donné comme superbe roue de secours ! Un plus et un extra pour les supers créatures que nous sommes !
Il est présent partout dans l’univers et tout autour de nous. Bien plus, pour l’enfant de Dieu, l’Esprit s’est même domicilié chez nous. Il a cette capacité de pénétrer la matière que nous sommes et de nous remplir complètement.
Il est venu pour vivre une relation de parfaite harmonie avec les colocataires que nous sommes.
Il veut remplir toute notre maison de sa présence, de son parfum, de son humeur, de sa douceur, de sa sagesse…
Il vient comme la personne de Dieu en nous, comme le Seigneur de tout ou de rien du tout.

Et lorsqu’il aménage sa nouvelle demeure, il n’emporte pas avec lui, ses propres meubles, ses propres décorations. Non, il prend tout ce qui est à Jésus et il garnit notre vie intérieure.
Être rempli du Saint-Esprit, ce n’est rien d’autre que d’être rempli de la personne du Christ.
C’est être bouillonné de l’intérieur par les mêmes réflexes que ceux du Christ.
Nous sommes habités par la personnalité la plus pure, sage, aimante, patiente, calme, compréhensive, intelligente, tendre, belle, attirante, douce, sainte…
Il ne va pas faire des choses bizarres en nous !
Il va nous rendre capable de reproduire la vie, les paroles, les regards, les pensées, les sourires, les pleurs et les actes de Jésus.
C’est tout cela « être rempli jusqu’à toute la plénitude de Dieu. »

La grande tragédie aujourd’hui, c’est que nous négligeons l’être le plus important qui puisse se trouver parmi nous : le Saint-Esprit de Dieu. On est content de voir des arbres ! Les autres ne donnent pas l’impression de voir plus.
Le Saint-Esprit attend maintenant notre bon vouloir. Il n’enfoncera la porte de personne.
Combien son désir est grand de nous honorer de sa présence, dès maintenant.

Je voudrais, ce matin, que tu crois sincèrement que c’est possible pour toi et que tu en as réellement besoin. Le Seigneur désire ne donner que des bonnes choses à ses enfants, c’est donc possible aussi pour toi, la plénitude.
Ne te laisse pas piéger, tu n’as pas besoin d’abord d’être plus comme un tel, ou un tel autre… nous n’avons besoin prioritairement que de son abondance en nous.

L’aveugle partiellement guéri a dû se replacer une nouvelle fois devant Jésus.
Il a dû accepter une nouvelle étape de remplissage.
Et c’est souvent là que se pose le plus de problèmes pour les chrétiens.
On veut bien de la plénitude, on veut bien être rempli, mais sans passer par l’étape du remplissage !
Je veux bien faire le plein de réservoir de ma voiture, mais pas passer à la caisse.
Le coût me paraît toujours trop démesuré !
Mes amis, il n’y aura jamais de plénitude due au hasard. Cela ne nous tombe pas dessus comme une mauvaise grippe, sans que je ne sache d’où cela me vient.
Ceux qui connaissent la plénitude du Saint-Esprit, ce sont ceux qui en ont payé le prix.
J’explique cette expression, un peu choquante.
Bien sûr, tout est grâce. Bien sûr, il habite en chacun de nous, mais l’intimité, cela se recherche, cela se travaille. La dépendance, cela s’apprend.
Comme un bon mariage n’est pas le fruit du hasard, il faut que j’en paye le prix !
De même, une vie gorgée de la présence active et bienfaisante du Saint-Esprit, « les étapes de remplissage », cela nécessite de lâcher TOUT pour recevoir TOUT.
Es-tu prêt à passer à la caisse ?

Cet homme est retourné au village, bénéficiant de son plein potentiel.
La vue retrouvée et la vie restaurée !
Comment pouvons-nous repartir pareillement transformés ?
Ce matin, j’aimerais que nous puissions tous nous présenter devant Jésus pour qu’il nous touche une nouvelle fois de sa grâce, mais auparavant, nous devons savoir à quoi cela nous engage de cultiver une telle dépendance, une telle amitié avec la personne divine du Saint-Esprit.

Pour terminer, je souhaiterais nous rappeler quelques éléments constitutifs de cette communion.

Il nous faut, pour être ami du Saint-Esprit, le fréquenter, le fréquenter et encore le fréquenter.

Il reste encore, trop souvent, le grand oublié chez les chrétiens.
Pourtant, mille ans de recherches minutieuses et de communion intime avec lui, ne nous permettrons de ne connaître seulement la partie extérieure de sa gloire !
Tu peux parler avec lui. Il peut te parler de sa douce voix. Cela doit devenir une habitude, une sainte connivence, toujours plus intense.
Passe du temps avec lui. Je crois qu’il s’agit de notre difficulté majeure.
On n’a pas assez de temps. On voudrait être bien brun, sans s’exposer au soleil.
Quand on était fiancé, on parvenait quand même bien à lui trouver un peu de temps, à cette petite merveille. Et pas au Saint-Esprit ?

Il nous faut aussi, honorer Jésus-Christ. Quand Jésus-Christ est aimé, servi, glorifié, élevé, sublimé dans les cœurs, alors il faut s’attendre à voir le Saint-Esprit être très à l’aise dans cette vie. Comme il oriente toujours la lumière vers Jésus, si je marche dans le même sens, une intimité solide va se créer.
Vous avez déjà remarqué qu’il existe toujours une relation particulière entre des personnes qui ont travaillé ensemble. Un passé commun les soude.
Quand j’honore le Christ, je réjouis le Saint-Esprit.

J’ajouterai encore, la marche dans la droiture. S’il est bien, le Saint Esprit de Dieu, je ne dois pas compter en faire mon proche en croyant le traîner dans ma boue, de la magouille, du compromis, de la malhonnêteté, de l’impureté...
Je crois que nous devons accepter le fait qu’il nous faut marcher avec droiture, si nous voulons marcher dans la proximité du Saint-Esprit.

Pour terminer, ajoutons encore, le besoin de vigilance pour tout ce qui concerne notre vie intérieure. Purifions notre sanctuaire des pensées.
Elles ne sont pas extérieures à nous, bien au contraire, elles font partie de nous-mêmes. « Les pensées sont des choses ».
Comment imaginer une amitié intime avec le Saint-Esprit, tout en nourrissant les pires des pensées ! L’Esprit ne rentre pas machette à la main dans la jungle dans nos pensées !
Il nous appartient de les orienter par la Parole de Dieu, de les maîtriser, de les filtrer par la vérité et de les lui soumettre. Je peux déclarer la guerre à certaines pensées. Ça au moins, c’est une guerre qui est permise !
Si nous voulons que le Saint-Esprit se sente bien chez nous, il faut alors que nos pensées qui sont comme les décorations de mon être intérieure, l’agréent et lui plaisent.

Conclusion

À n’en pas douter, ce que Jésus avait prévu pour cet homme, c’était de retrouver la totale acuité visuelle. Il s’y est repris à deux fois, comme pour nous dire que tout dans la vie avec lui n’était pas instantané, que la plénitude, c’est une grâce qui ne se trouve pas dans un paquet unique.
Ce matin, pour jouir de tout ce que Dieu a prévu pour chacun d’entre nous, il nous faut nous représenter à lui. Il nous faut nous laisser toucher de nouveau par ses mains, par son regard, par sa grâce.
La grande question, sera de savoir de quoi nous allons nous contenter ?
Voir des arbres ou voir toutes les œuvres de Dieu ?
Allons-nous nous contenter du minimum, juste de quoi rentrer au ciel, tout en se divertissant au maximum ici bas, ou allons-nous envisager le reste de notre parcours comme l’occasion formidable de vivre déjà la réalité du ciel, ici bas.
Tu rentres au village ou tu te présentes à Jésus ?

Laurent Cayron
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